Museums in a time of migration: rethinking museums’ roles/representations/collections/ and collaborations | Christina Johansson e Pieter Bevelander

Pieter Museums
Pieter Bevelander | Foto: Academia Europaea

Museus em tempo de migracao MuseumsMuseums in a time of migration: repenser les rôles, les représentations, les collections et les collaborations du musée est le résultat d’une conférence qui cherchait à mettre en avant les bases pour le projet1 de création d’un musée consacré à la démocratie et à l’histoire de l’immigration (JOHANSSON & BEVELANDER 2017). Il s’agit donc d’un volume édité d’articles de cette conférence.

L’objectif de ce livre est de mettre en lumière la manière dont les musées traitent la thématique de l’immigration et quel est leur rôle et leur approche à cet égard. Le livre est divisé en quatre parties:

I – Le rôle des musées à une époque de migrations et de changement sociétal

II – Représentation de l’immigration et de l’ethnicité

III – Repenser les collections et la documentation muséale

IV – Collaboration et inclusion dans le secteur muséal

Les différentes parties et chapitres s’enchaînent pour construire un récit commun sur le sujet. Théorie, enquêtes empiriques et réflexions pratiques sont alliées, offrant ainsi un ouvrage de qualité visant à améliorer à la fois les structures institutionnelles et les routines quotidiennes au sein des musées. Le livre est donc une contribution bienvenue à des travaux récents tels que les volumes édités du projet Mela2, Musées européens à l’ère de la migration (MELA 2013), Musées et migration (GOURIVÉDIS 2014) et Musées, migration et identité en Europe (WHITEHEAD et al. 2015), ajoutant une théorie plus récente des études sur les migrations, tout en restant proche de la pratique muséale.

Comme les organisateurs du livre, Christina Johansson et Pieter Bevelander, le soulignent dans l’introduction: l’immigration a toujours contribué au développement et à la refonte des sociétés et des espaces urbains (notamment des villes). Aujourd’hui, les mouvements migratoires sont ainsi devenus un phénomène mondial, où le nombre de pays influencés par eux (socialement, économiquement et culturellement) ne cesse d’augmenter. Comme par le passé, les raisons pour lesquelles les gens se déplacent sont variées et souvent complexes: fuir la pauvreté, la guerre, les conflits ethniques, les désastres environnementaux et/ou les persécutions. Les gens se déplacent également pour d’autres raisons, comme le travail ou les études, ou par curiosité et pour le goût de l’aventure. Certains musées d’immigration défendent même l’idée d’une « diaspora humaine » et que l’immigration fait partie de la « nature humaine »3.

Alors que l’immigration est toujours le concept clé dans les études sur les mouvements transnationaux, définie comme le mouvement des personnes au fil du temps entre des lieux géographiques, des pays et des États, il existe une diversité croissante des modèles et des formes de migration – stimulée par la mondialisation et ses conséquences pour les migrants et les pays d’accueil. L’immigration internationale a donc de profondes implications sociales, y compris pour le secteur muséal. Pour être dans l’air du temps et pertinent pour tous les citoyens, le secteur des musées doit, plus que jamais, s’attaquer à des problèmes qui transcendent les frontières nationales: offrir une « identité plus inclusive » pour que les visiteurs se sentent plus liés au contenu des expositions et créer, ainsi, un lien entre le public et les institutions. Les initiatives participatives sont au cœur de ce mouvement d’inclusion et de partage entre les musées et les différentes communautés ethniques qui composent nos sociétés contemporaines.

Dans les années 1990, James Clifford (1997) a théorisé le musée comme une zone de contact, imaginant une zone de rencontres, de dialogue, de négociation et de collaboration. Cependant, il est important de noter que les relations asymétriques de pouvoir entre les participants dans ces espaces entraînent une dynamique qui n’est jamais exempte de conflits.

Les musées ont donc le potentiel de devenir des lieux de découverte et d’apprentissage sur le passé et la réalité contemporaine de nos sociétés: des questions telles que l’immigration, les déplacements et échanges transnationaux, l’importance du multiculturalisme, la liberté de mouvement et les droits de l’homme. En conséquence, ils deviennent non seulement plus pertinents en tant qu’institutions culturelles, mais facilitent également des changements positifs dans la manière dont les personnes interagissent entre elles et avec leur milieu social (ainsi que son écosystème) contribuant, en fin de compte, au développement durable de la société.

En éclairant l’état de la recherche actuelle et les pratiques muséales, ce livre contribue donc fortement à la discussion, en cours, sur l’engagement des musées dans les questions migratoires (incluant la grave crise migratoire des dernières années en Méditerranée) et les sociétés multiculturelles.

Dans les différents chapitres, les chercheurs et les conservateurs de musée proposent une réflexion sur divers aspects de l’engagement des musées avec un accent particulier sur les rôles, les représentations et les collections muséales.

Si nous remontons dans l’histoire, l’importance de l’immigration pour les peuples, les cultures et les économies du monde ne peut guère être surestimée. Il convient de mettre en avant que l’immigration a été l’une des premières formes de « mondialisation » et comment les diverses formes de migrations ont joué un rôle dans l’évolution du marché mondial du travail dans ses phases historiques de conquête, de colonialisme, d’esclavage, de sous-traitance, de mercantilisme, d’industrialisation, du fordisme et finalement des économies de services d’aujourd’hui.

Cependant, le rôle des musées n’est pas figé, mais a considérablement évolué au fil du temps et continue encore de se transformer. Dans le passé, les monarques et les empires coloniaux utilisaient les collections royales et les musées comme symboles du pouvoir. Ils sont devenus des outils stratégiques dans le projet colonial quand on leur a attribué le rôle d’organiser et d’exposer des objets provenant de régions sous « domination coloniale » dans le monde, et de donner une légitimité à ce pouvoir d’assujettissement occidental. D’autres rôles ont inclus la création de « bons citoyens » en inculquant des valeurs civilisatrices et des normes sociales à la population des classes moyennes ainsi que la construction d’une identité nationale. Notamment au cours de la dernière moitié du XIXe siècle, des institutions telles que les musées, les écoles et les forces armées sont devenues d’importants outils d’homogénéisation. Les musées ont donc permis d’exposer les « mémoires et traditions » de chaque État-nation comme atemporelles et sacrés (ANDERSON 1991).

Cependant, les changements en cours dans le secteur muséal, depuis des décennies, tendent vers une démocratisation des musées et de leur rôle sociétal, en particulier lorsqu’ils sont analysés en termes de pouvoir, souvent influencés, depuis les années 1980, par la nouvelle muséologie (BRULON & LESCHENKO 2018).

Les musées ont également commencé à se pencher sur leur approche envers leur public: production de connaissances, leurs responsabilités éthiques et sociales voire leur identité, même en tant qu’institutions en termes de pouvoir. De ce fait, il y aurait un passage des « musées modernistes », avec un idéal des Lumières d’un récit unique (et sa prétention à l’objectivité et à l’universalité), à ce que nous pourrions appeler les « post-musées » qui éclairent des récits jusque-là « oubliés »4. Les musées sont en train de devenir « multivoques » ou « polyphoniques », car les expositions sont souvent associées à d’autres types d’événements, y compris ceux auxquels les différentes communautés d’origine immigrée sont invitées à participer (KARP 1991; JOHANSSON & BEVELANDER 2017).

Bien que de nombreux musées participent encore au processus de création et de « recréation » d’une identité nationale, leurs rôles sont devenus plus complexes au cours des dernières décennies. Des processus tels que la mondialisation et les mouvements d’immigration transnationaux, ont remis en question la notion d’État souverain et de « peuple » homogène en tant que cœur du récit national (ARONSSON 2008, p. 209). La mondialisation et les idées sur le multiculturalisme seraient donc à l’origine de frictions au sein du secteur muséal (KARP et al. 2007) qui entraîneraient des transformations profondes dans les pratiques et missions des musées.

Des études récentes sur les musées traditionnels5 (les musées à caractère « universels » notamment comme le Louvre et le British Museum, par exemple) montrent qu’eux aussi prennent des mesures pour devenir des « post-musées » et essayent de remodeler leurs discours et leurs expositions permanentes sous une perspective plus ouverte (l’exposition « Le Modèle Noir »6 présentée au Musée d’Orsay en 2019 est un exemple). Une indication est qu’ils s’ouvrent à de nouvelles perspectives, telles que l’hybridité, le transnationalisme et tentent de véhiculer une vision plus globale et moins eurocentrique. Pourtant, il existe des différences nationales quant au chemin parcouru lors de ce processus de transformation et entre les différents types de musées (KARP 1991; LEVITT 2015).

Un autre trait distinctif du « post-musée » est un intérêt accru pour le patrimoine immatériel, par exemple les mémoires et récits personnels dans la mise en contexte des objets expos és en racontant des anecdotes sur leur utilisation. Le patrimoine immatériel est devenu ainsi un outil important de reconnaissance communautaire, en particulier dans le cas du patrimoine de l’immigration.

Les études sur des musées ethnographiques montrent qu’eux aussi entreprennent des démarches pour devenir des « post-musées ». Une indication de ce processus serait qu’ils s’ouvrent à de nouvelles perspectives et tentent de véhiculer une perspective plus ouverte sous l’appellation de « world museum ». Il existe des différences nationales quant au chemin parcouru par ces institutions, bien sûr, (JOHANSSON & BEVELANDER 2017) mais il est irrévocable que les musées ethnographiques sont en train d’être transformés et rebaptisés sous une perspective décoloniale (un exemple est le Musée Royal de l’Afrique centrale à Tervuren7). Le cœur même de ces musées, leurs collections et leurs concepts centraux, est remis en question et remodelé pour véhiculer un discours plus ouvert à une approche postcoloniale.

Mais les musées peuvent-ils abandonner leur héritage en tant qu’institutions d’élite et anciens facilitateurs de projets coloniaux et nationalistes? C’est une question fondamentale posée par les organisateurs du présent ouvrage et qui sera adressée par chacun des auteurs dans des contextes différents. La première étape pour s’attaquer aux structures inhérentes de domination et aux inégalités de représentation dans les musées est de les mettre en lumière, comme le montrent certains des contributeurs de ce livre et, notamment, le chapitre écrit par Peggy Levitt, par exemple.

Les préjugés subtils sur lesquels ces hypothèses sont fondées placent trop souvent l’immigré dans le rôle de « bénéficiaire » passif, minant ainsi son action et son autonomisation. De ce fait, les musées évitent de se confronter à la réalité quotidienne de nombreux immigrés: inégalités sociales, préjugés, conflits, exclusion et impuissance économique et politique.

Dans son chapitre, Bernadette Lynch offre des exemples de pratiques muséales qui commencent à s’engager plus efficacement auprès des populations immigrées, tout en confrontant les propres héritages de préjugés inhérents aux musées eux-mêmes. Elle met en avant une certaine tendance des musées à présenter les récits difficiles d’immigrés comme des traumatismes personnels plutôt que comme des effets de structures politiques qui entraînent des situations difficiles.

Malin Thor Tureby et Jesper Johansson décrivent de façon détaillée la manière dont les archives et les collections du Nordic Museum construisent un concept identitaire ethnique « suédois » assez restreint. Leur portée historique plus longue et leur focalisation plus large sur les minorités, plutôt que sur l’unique question de la représentation des immigrés, sort un peu de l’axe central du livre mais ouvre la discussion à toute une série d’autres questions fondamentales sur la question de la normativité dans les représentations muséales.

Outre les musées spécialisés sur l’immigration, d’autres musées ont commencé à aborder les questions migratoires et de diversité culturelle, en particulier dans le cadre d’expositions temporaires. L’intérêt croissant des secteurs muséaux pour l’immigration se reflète également dans le débat entre le personnel des musées, les médiateurs/éducateurs et les chercheurs, ainsi que dans la quantité de recherches sur les questions en jeu lors de la représentation de l’immigré et sa réception par les visiteurs.

Dans les autres chapitres du livre nous retrouvons encore d’autres initiatives importantes dans le contexte suédois: Dragan Nikolić du Skåne County Museum fournit des informations et des analyses inspirantes sur les projets locaux de Malmö, notamment les expériences exceptionnelles mises en place à l’automne 2015, lorsque les habitants se sont mobilisés pour accueillir un grand nombre de réfugiés nouveau-arrivés. Parvin Ardalan, originaire d’Iran et basé à Malmö, décrit le projet féministe « Femmes racontant son histoire », une collection de récits personnels sur la contribution des femmes immigrées à l’histoire de Malmö durant un siècle.

Des exemples concrets sur la façon dont l’histoire orale et les récits de vie peuvent remettre en question les représentations unidimensionnelles des immigrés sont donnés dans les chapitres d’Alistair Thomson, Benita Bonham et David Fleming qui visent à mettre en lumière l’histoire locale et ses liens avec les structures mondiales et coloniales. Thomson propose une analyse du parcours de deux femmes immigrées en Australie tandis que Boham offre une réflexion sur le musée District Six en Afrique du Sud, suivi par Fleming qui présente l’étude de cas des musées nationaux de Liverpool. Leurs chapitres peuvent presque être lus comme des manuels et des lignes directrices pour les musées qui ont l’intention d’entreprendre la tâche bien délicate (mais essentielle) de remettre en question les histoires nationalistes et ethnocentriques dominantes.

Le paysage muséal est donc sans doute en train de changer profondément. Quelles sont donc les grandes lignes de recherche dans l’étude des initiatives muséales sur l’histoire de l’immigration?

Le livre évoque également la littérature existante concernant la représentation de l’immigration dans le domaine muséal et également des développements intéressants sur la manière dont l’immigration a été mise en musée. Mary Hutchinson et Andrea Witcomb, qui, dans leurs contributions à Museums and Migration: History, Memory and Politics, se sont penchées sur les changements dans le domaine muséal australien, ont identifié un changement important: le passage, au début des années 90, de la présentation et reconnaissance de l’histoire de l’immigration en Australie à une perspective plus inclusive et moins « célébratoire ». D’un récit narratif qui célébrait la diversité multiculturelle, les musées ont commencé à créer des expositions qui présentaient plutôt un engagement envers la diversité comme interaction entre les cultures et un moyen de faire dialoguer tous les différents groupes ethniques constituant la société australienne.

Des développements similaires peuvent être aussi observés dans le contexte des musées européens. Une tendance claire est le passage de la non-reconnaissance de l’immigré et une concentration sur les groupes ethniques (souvent en mettant l’accent sur les différences culturelles, et donc au risque d’exotiser les migrants) à la diversité et à l’apport culturel des communautés d’origine immigrée. Dernièrement, certains musées ont également commencé à reconnaître les dimensions mondiales, le transnationalisme et l’hybridité culturelle, parallèlement à l’histoire de la colonisation et ses implications dans les questions d’asymétrie de pouvoir entre l’Europe et les autres continents, par exemple. Certes, il est vrai que les approches plus traditionnelles coexistent fréquemment avec des approches plus récentes et plus innovantes (JOHANSSON & BEVELANDER 2017) et, même si l’immigration est vraiment un phénomène transcendant les frontières, il y a toujours une tendance de la part des musées à conceptualiser et à raconter l(es) histoire(s) de l’immigration selon des lignes nationales (BAUR 2009 ; DELAPLACE 2017). Lorsqu’ils dépeignent une nation comme étant multiculturelle, les musées, dans leur volonté à être inclusifs, ont tendance à représenter cette nation comme une coexistence harmonieuse de divers groupes8. Ce faisant, ils peuvent ne pas accorder suffisamment d’attention aux frictions et aux inégalités très réelles de la société.

En conclusion, les questions migratoires et inclusives telles qu’elles sont représentées dans les musées du monde entier sont au cœur des différentes analyses de ce livre montrant que, de manière cruciale, le domaine des études sur l’immigration repose sur deux traditions distinctes, et a donc deux littératures distinctes : l’étude du processus de migration en tant que mouvement géographique (souvent entrepris par des géographes, des économistes et des démographes), et l’étude des communautés ethniques, du transnationalisme et des diasporas qui sont les résultats de la migration, telles que des analyses de l’intégration, des relations raciales et de la spécificité culturelle (principalement réalisées par des économistes, des sociologues, politologues et anthropologues).

C’est d’autant plus important que les représentations muséales reflètent non seulement la société, mais sont également constitutives de l’imaginaire national (ou d’une société) et ont donc un impact sur notre vision du phénomène migratoire. Le présent livre s’inspire donc de la discussion académique à ce sujet pour examiner à la fois les rôles des musées dans un monde en mutation et leurs représentations sur l’immigration. C’est une lecture intéressante et pertinente qui nous permet de réfléchir davantage à ce que nous aimerions voir comme changement dans le domaine muséal dans les prochaines années et, à un moment clé, où l’on discute d’une nouvelle définition du musée par l’ICOM.

Notas

1 Malheureusement, le projet The Museum of movement est arrêté pour le moment (faute de financement du gouvernement suédois) mais tout le processus de préfiguration du musée (depuis 2016) est en ligne sur leur site Who Are We, [en ligne], disponible sur https://whoareweproject.com/2019-programme.

2 Pour plus d’informations sur ce projet, consulter le site EUROPEAN MUSEUMS IN AN AGE OF MIGRATIONS, [en ligne], disponible sur http://www.mela-project.polimi.it/.

3 Le musée Red Star Line à Anvers, en Belgique, propose une chronologie où, de l’antiquité à l’époque contemporaine, il montre comment l’immigration fait partie de la nature humaine.

4 En 2013, les journées d’études doctorales « Où se cache l’oubli dans la fabrication du patrimoine ? » ont traité de cette thématique. ÉCOLE DOCTORALE ED441, HISTOIRE DE L’ART, Journées d’études doctorales « Où se cache l’oubli dans la fabrication du patrimoine ? », [en ligne]. Disponible sur http://ed-histart.univparis1.fr/page.php?r=14&id=218&lang=fr (date de consultation inconnue).

5 Nous recommandons la lecture de l’article de Magali Lesauvage, « L’universalisme des Musées fait débat » paru dans Le Quotidien de l’Art [en ligne], n° 1996, 23 juillet. Disponible sur https://www.lequotidiendelart.com/articles/18163-l-universalisme-des-mus%C3%A9es-fait-d%C3%A9bat.html (date de consultation inconnue).

6 Pour plus d’information sur l’exposition aller sur le site internet du musée. MUSÉE D’ORSAY, Le modèle noir de Géricault à Matisse, [en ligne]. Disponible sur https://www.musee-orsay.fr/fr/evenements/expositions/auxmusees/presentation-generale/article/le-modele-noir-47692.html?cHash=74dcf14e5f (date de consultation inconnue).

7 Pour plus d’information aller sur le site internet du musée. MUSÉE ROYAL DE L’AFRIQUE CENTRALE, [en ligne], disponible sur https://www.africamuseum.be/fr. (Date de consultation inconnue).

8 C’est une tendance célébratoire qui, en montrant seulement les apports positifs de l’immigration sans mettre en avant les problèmes rencontrés par les immigrés dans leur « nouvelle vie » dans le(s) pay(s) d’accueil peut finir par « dorer » le récit d’une histoire sensible et conflictuelle.

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Resenhista

Andréa Delaplace – Docteure en Histoire de l’Art par l’Université Paris 1 PanthéonSorbonne. Elle a soutenu sa thèse en décembre 2020. E-mail: [email protected]


Referências desta Resenha

JOHANSSON, Christina; BEVELANDER, Pieter. Museums in a time of migration: rethinking museums’ roles, representations, collections, and collaborations. Lund: Nordic Academic Press, 2017. Resenha de: DELAPLACE, Andréa. Les Cahiers de Muséologie, n.1, p. 160-169, 2021.

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