Le monde en cartes: Méthodologie de la Cartographie – CHABERT (APHG)

CHABERT, Christophe; ALFRÉ, Mathieu. Le monde en cartes: Méthodologie de la Cartographie. Autrement, 2019. Resenha de: GUIMONNET, Christine. Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie (APHG). 29 août 2020.  Disponível em: <https://www.aphg.fr/Le-Monde-en-cartes-methodologie-de-la-cartographie>Consultado em 11 jan. 2021.

La carte et le croquis, langages de la géographie, sont au cœur des démarches pédagogiques. Cet ouvrage de Méthodologie de la cartographie conçu par Christophe Chabert et Mathieu Alfré, et publié chez Autrement, s’adresse en priorité aux étudiants préparant les concours (ENS, écoles de commerce, CAPES et agrégations) mais devrait trouver sa place dans les labos d’histoire-géographie des collègues, auxquels il fournit aussi bien un solide appui méthodologique que des cartes ressources pour de nombreux chapitres des programmes.

Préfacé par Emilie Aubry, qui a repris la rédaction et la présentation de l’émission Le dessous des cartes, cet ouvrage de méthodologie de la cartographie conçu par Christophe Chabert et Mathieu Alfré, s’adresse en priorité aux étudiants préparant les concours (ENS, écoles de commerce, CAPES et agrégations). La carte (représentation graphique descriptive) et le croquis (représentation graphique explicative) sont deux des langages fondamentaux de la géographie. L’ancienne épreuve de terminale consistant plus ou moins à apprendre un croquis par cœur, et qui ne satisfaisait réellement personne, a été heureusement remplacée par un exercice, plus réflexif et plus formateur, de transposition d’un texte en croquis. Ce manuel est donc précieux pour nous qui formons nos élèves à la production graphique depuis le collège, selon un fil langagier qui se construit progressivement sur l’ensemble du cursus.

Si les logiciels de cartographie, les outils numériques permettent désormais de fabriquer des cartes à partir de données multiples et complexes, avec des projections variées, des animations, l’anamorphose, ne boudons pas notre plaisir de feuilleter un ouvrage dont les croquis sont réalisés à la main. Ils sont beaux, et l’aspect esthétique ayant autant d’importance que le contenu, on comprend mieux une carte claire, soignée, agréable à regarder et on en retient mieux les informations.

Une méthodologie de travail

La première partie, qui peut être facilement transposée en une fiche adaptée à chaque niveau (collège ou lycée) rappelle les fondamentaux de la méthodologie : exactitude et précision du vocabulaire, TOLE (titre, orientation, légende, échelle), lisibilité (ne pas surcharger en informations), maîtrise de la localisation, nomenclature, analyse du sujet à cartographier, problématisation qui va guider l’organisation de la légende, choix des figurés et couleurs. On n’insistera donc jamais assez sur la nécessité d’une bonne connaissance de l’atlas et sur la pertinence d’une légende, révélatrice d’une pensée réfléchie et construite : le croquis est un raisonnement et une démonstration.

L’ouvrage est un support pour travailler à partir de la seconde, en s’entraînant, à partir de la carte, à essayer de concevoir la légende (et inversement), ou illustrer des thèmes et chapitres des programmes de géographie, et également de spécialité HGGSP. Il y a une série de petits exemples de sélection des figurés, de choix des couleurs, d’insertion d’une typologie, de positionnement de la nomenclature. L’exemple du croquis « construit pas à pas » est celui du territoire de la France, avec comme problématique : Dans quelle mesure le territoire de la France est-il au service de sa puissance ?
Après un premier thème sur la mondialisation, l’ouvrage est organisé en cinq autres thèmes correspondant à des aires géographiques : l’Europe, l’Afrique sub-saharienne, le monde arabo-musulman, l’Asie, les Amériques. Chaque partie commence par un récapitulatif des enjeux, puis propose cinq croquis à différentes échelles (mondiale, continentale …), avec la même structure. Avant le croquis et sa légende, deux pages exposent la méthode : sélection du sujet de la carte, justification de la problématique, construction de la légende et de la carte, commentaire de la carte, perspectives sur le sujet.

Comment en tirer parti dans les programmes du lycée ?

Une partie des croquis de l’ouvrage est immédiatement utilisable dans le cadre d’un cours de tronc commun de géographie ou de spécialité HGGSP : illustration du cours, croquis à commenter ou légende servant de base pour une transposition en composition …
Certains croquis couvrent plusieurs champs, comme par exemple, celui sur La mer de Chine méridionale, objet de convoitises (puissance, frontières, mers et océans), Intégration et fragmentation de l’UE / Le voisinage de l’Europe (géographie et thème conclusif de spécialité). En seconde, on peut travailler sur Les migrations en Afrique subsaharienne : bénédiction ou malédiction (pages 92 à 95). En première, on peut illustrer le thème sur les espaces productifs (L’agriculture en France). En terminale, Le panorama des enjeux des espaces maritimes s’inscrit dans le premier thème de géographie (Mers et océans). On peut choisir des croquis à une échelle plus régionale (Brésil, Nigéria, Iran, la zone sahélo-saharienne, la Corne de l’Afrique, la mégalopolis japonaise).
En spécialité, dans le thème consacré aux puissances, on peut mobiliser les pages 44 à 47 (La configuration des puissances dans le monde), 110 à 113 (Les rivalités et rapports de puissance au Proche et Moyen Orient), 139 à 143 (Le grand jeu de la Russie avec ses voisins puis La stratégie géo-économique et géopolitique de la Chine), 158 à 161 (Le Pacifique dans la géopolitique américaine). Celui sur Les frontières dans la mondialisation est utilisable dans le thème sur les frontières. Les relations entre religions au Proche et Moyen Orient permet d’illustrer le thème Etats et religions. En spécialité de terminale, on peut travailler sur Guerre et paix en Afrique subsaharienne, mais aussi avec le croquis sur Les expansions du territoire d’Israël.

On a là un ouvrage bien conçu et aux utilisations multiples, à la fois outil de construction du cours, de méthodologie de la cartographie mais aussi de révision générale des enjeux géographiques et géopolitiques du monde actuel.

Christine GuimonnetProfesseure d’histoire-géographie au lycée Camille Pissarro de Pontoise (95), Secrétaire générale de l’APHG.

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